
Les 4 piliers de la performance, du sport à l'entreprise
Strasbourg, septembre. Devant moi, des contrôleurs de gestion et des directeurs financiers, membres de la DFCG. Des gens qui vivent avec des échéances, des chiffres qui doivent tomber juste et une pression qui ne se voit pas de l'extérieur.
À côté de moi, deux intervenants. Jules Ribstein, champion paralympique de para-triathlon (catégorie PTS2) aux Jeux de Paris 2024 et plusieurs fois champion du monde. Et Grégoire Michel, délégué territorial Nord-Est de la Fondation du Sport Français, qui accompagne les athlètes dans leur financement vers la haute performance.
Je précise un point : je n'ai pas fait la préparation mentale de Jules. Nous avons partagé une scène, pas un parcours. Et c'est justement ce qui rendait l'échange intéressant. Trois regards différents sur une même question : qu'est-ce qui fait qu'une performance tient le jour J ?
Les 4 piliers de la performance
Dans le sport comme en entreprise, je travaille avec une grille simple. Quatre piliers.
1. Le physique
L'énergie disponible. Le sommeil, la récupération, la capacité à tenir sur la durée. Un athlète le sait par cœur. Un contrôleur de gestion en période de clôture l'oublie souvent. Il enchaîne les soirées, et s'étonne de faire des erreurs de saisie le dixième jour.
2. La technique
Le savoir-faire. Le geste juste, répété jusqu'à devenir automatique. En triathlon, c'est une transition propre entre la natation et le vélo. En finance, c'est un process de clôture maîtrisé, des outils fiables, des contrôles qu'on n'a plus besoin de réfléchir.
3. La stratégie
Le plan de course. Où j'accélère, où je gère, ce que je fais si ça se passe mal. À Paris, Jules a expliqué publiquement que son objectif était simple : sortir de l'eau avec de l'avance. Un objectif clair, mesurable, à sa main. C'est exactement ce qui manque à beaucoup d'équipes : un plan qui dit quoi faire à chaque étape, pas seulement le résultat attendu.
4. Le mental
Le pilier qui relie les trois autres. La capacité à rester lucide quand la pression monte. Jules l'a dit lui-même après sa victoire : il se décrit comme stressé et émotif. Et il a gagné quand même. Le mental, ce n'est pas l'absence de stress. C'est savoir fonctionner avec.
Les 4 temps : avant, juste avant, pendant, après
La deuxième grille de la conférence, c'était le temps. Parce qu'un pilier ne se travaille pas de la même façon selon le moment.
Longtemps avant : la grande préparation
Pour un athlète, ce sont les années d'entraînement. Jules a consacré plusieurs années de sa vie à Paris 2024. Pour un service financier, c'est toute l'année qui prépare la clôture annuelle. Les process, les outils, la charge répartie. Ce qui n'est pas construit ici ne sera pas disponible le jour J.
Juste avant : de la semaine au dernier instant
La dernière semaine, la dernière nuit, les trente secondes avant le départ. C'est là que le doute s'invite. En boxe, je l'ai vécu des dizaines de fois dans le vestiaire. Ce moment se prépare. Une routine, quelques repères simples, une respiration. Pour un DAF, c'est le coup d'envoi de la clôture : la réunion de lancement, le rétroplanning, les rôles clairs.
Pendant : la performance
Là, on ne réfléchit plus. On exécute ce qui a été préparé. Pendant sa course, Jules a dû s'arrêter pour réajuster sa prothèse. Un imprévu. Il a gardé son avance. En entreprise, l'imprévu, c'est l'écriture qui ne tombe pas, l'outil qui plante, la demande urgente de la direction. La question n'est pas d'éviter l'imprévu. C'est de l'avoir anticipé comme possible.
Après : le temps qu'on oublie
Le débrief. La récupération. Ce qu'on garde, ce qu'on change. Les sportifs de haut niveau le font systématiquement. Les entreprises beaucoup moins : la clôture est finie, on passe au budget. Et la même erreur revient l'année suivante.
Ce que la Fondation du Sport Français ajoute au tableau
Grégoire Michel a apporté un angle que les salles d'entreprise entendent rarement. Derrière une médaille, il y a un financement. Des années d'entraînement sans revenu garanti. La Fondation du Sport Français accompagne les athlètes en accession à la haute performance, notamment grâce au mécénat d'entreprises et de particuliers.
Pour des financiers, le parallèle était direct. La performance est un investissement de long terme. Personne ne finance un athlète la veille des Jeux.
Ce que je retiens pour mes accompagnements
Trois choses.
La performance est un système. Travailler le mental seul, sans le physique, la technique et la stratégie, ne tient pas.
Le stress n'est pas l'ennemi. Un champion paralympique qui se dit émotif, et qui gagne, le démontre mieux que n'importe quel discours.
L'entreprise a tout à gagner à penser comme un athlète. Une clôture, un lancement, une négociation : ce sont des compétitions. Elles se préparent en amont, se gèrent le jour J et se débriefent après.
Merci à la DFCG pour l'invitation, à Jules Ribstein pour son témoignage et à Grégoire Michel pour son éclairage.
Et vous, comment préparez-vous vos échéances ?
Je suis préparateur mental basé à Nancy, et j'accompagne des sportifs, des dirigeants et des équipes dans tout le Grand-Est. J'interviens aussi en conférence et en atelier pour les entreprises et les réseaux professionnels.
Vous voulez appliquer les 4 piliers de la performance à votre équipe ou à votre propre pratique ? Contactez-moi pour en parler.

